De WordPress à SilverStripe

A défaut d'avoir le système de gestion du contenu "idéal" pour votre site - appréciation toute subjective - vous aurez en mains celui que votre designer maîtrise le mieux... Et qu'il aura souvent choisi, parmi les centaines de systèmes disponibles, en fonction de critères qui n'appartiennent qu'à lui. Plutôt que de vous abreuver de comparaisons techniques, je préfère donc vous décrire le cheminement qui m'a conduit à me spécialiser sur deux CMS, WordPress puis SilverStripe.

J'ai débuté en réalisant des sites statiques, construits avec des pages en pur html, sans base de données.  Je continue d'en faire, bien évidemment : ce genre de site est idéal pour une vitrine d'entreprise, et offre les meilleures performances en terme de temps de chargement. Quand il est nécessaire de changer une image ou un bout de texte, je m'en occupe le plus souvent - cette opération, en général, ne me prend pas plus d'une douzaine de minutes.

Mais bien vite, j'ai eu des clients me demandant plus que ça : ils me parlaient livre d'or, blog, ou souhaitaient interagir eux-même avec le contenu du site pour ajouter du texte et des photos, quand il ne s'agissait pas de pages entières. Je me suis donc mis en quête d'un outil sérieux à leur proposer. Or, des CMS, il en existe pléthore ! De toutes les tailles, de tous les prix, programmés dans tous les langages... Il me fallait restreindre ma sélection.

Mes critères pour un CMS

"Mon" CMS devait d'abord être gratuit : en phase de démarrage de mon activité, répercuter l'achat d'un système de gestion du contenu sur la facture d'un client ne me paraissait pas une bonne idée !

En contrepartie, il devait être soutenu par une large communauté de développeurs et d'utilisateurs, ou très bien documenté : utile pour avoir des réponses ou des solutions rapides en cas de problème. Exit, donc, les systèmes encore peu diffusés, même si je reconnais ce que ce parti pris radical a d'injuste.

J'ai éliminé les systèmes "hybrides", vendus comme des machines à créer un site de A à Z à partir de gabarits prédéfinis : la pire manière d'obtenir un site personnalisé et d'apparence professionnelle. Selon moi, la raison d'être d'un CMS est de permettre de publier du contenu sans altérer le design du site. Et c'est tout !

Et enfin, et c'est sans doute le point le plus capital, le système devait être simple d'utilisation pour n'importe quel client : hors de question de lui infliger des journées entières de formation.

Un CMS gratuit, ultra-répandu, qui fait bien la distinction entre design et publication du contenu, réputé pour sa prise en mains intuitive ? Bon sang mais c'est...

WordPress, bien sûr !

Il s'agit d'un des trois CMS les plus utilisés du marché (avec Drupal et Joomla), et le premier si on ne considère que les blogs. La logique interne de WordPress tient beaucoup, d'ailleurs, à sa vocation première, qui est de publier des articles et d'accueillir les commentaires des internautes.

L'interface de gestion de WordPress est relativement facile à appréhender, et vous permettra en gros de faire les choses suivantes :

  • publier et modifier des articles ;
  • les classer dans des "catégories" que vous pouvez créer au fur et à mesure ;
  • modérer (c'est-à-dire approuver ou supprimer) les commentaires faits sur les articles ;
  • publier et modifier des pages statiques.

C'est cette dernière fonction qui permet de considérer WordPress comme un CMS à part entière, et pas seulement une plateforme de blogging. Oui, mais...

Les limites de WordPress

Une première faiblesse réside dans la façon dont WordPress, par défaut, va classer et afficher vos publications : par ordre alphabétique pour les pages, et du plus récent au plus ancien pour les articles. Vous pourrez modifier l'ordre d'affichage des pages en attribuant à chacune un numéro, mais cette méthode reste peu pratique (en tout cas, pas visuelle du tout).

Autre limite : vous disposez d'un seul formulaire pour écrire une page entière. Si celle-ci doit comporter plusieurs blocs, il vous faudra soit traiter chacun d'entre eux comme un "article", soit savoir coder votre contenu en html...

Certes, il existe des centaines d'astuces ou de "plugins" (d'extensions) qui permettent de modifier le comportement de WordPress et d'accroître ses possibilités. Mais ce CMS perd alors considérablement de sa simplicité.

SilverStripe, outsider prometteur

WordPress n'est donc pas adapté à toutes les situations. Il me fallait trouver un système au moins aussi performant, qui permette en plus d'éditer et de classer les pages d'une manière plus logique et intuitive.

Et je suis tombé sur SilverStripe.

Créé par une équipe de développeurs néo-zélandais, ce CMS s'attire les faveurs de plus en plus de webdesigners. Son principal atout : il a été conçu pour les utilisateurs qui publient du contenu.

L'interface permettant d'éditer chaque page est claire : la hiérarchie des pages est toujours visible sur le panneau de gauche ; et le panneau de droite, consacré au contenu, peut être personnalisé pour chaque type de page.

Autre point fort de SilverStripe : la SEO (search engine optimization). Ce CMS permet d'emblée d'optimiser le référencement naturel d'un site, en proposant de définir des mots-clés différents d'une page à l'autre, et en offrant la possibilité de changer manuellement chaque balise <title> ou chaque URL. Par ailleurs, le système crée un "sitemap" de manière automatique.

Webdesigners, attention : il s'agit d'un logiciel puissant et plein de potentiel... Ne croyez surtout pas qu'il se configure ou se personnalise en un claquement de doigts. Ce CMS se mérite, et requiert un apprentissage assez fastidieux - en tout cas de mon point de vue.

Mais la plus belle récompense sera d'offrir à vos clients un CMS de qualité et facile à utiliser.

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